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Le monde du livre

Les Plates-formes d’auto-édition (Partie 2)

Nous nous retrouvons pour finaliser notre analyse des plates-formes d’auto-édition. Ces structures proposent leurs services pour publier votre ebook et/ou une version brochée. Généralement, ces publications s’accompagnent d’une diffusion dans les marketplaces et/ou certaines librairies en ligne, voire un référencement chez Dilicom pour une visibilité auprès des librairies physiques.

Je rappelle qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, il existe beaucoup d’autres structures de ce genre. Je partage ici, celles que j’ai analysées pour l’édition de ma trilogie notamment. Je ne vous dirais pas laquelle choisir, vous devez décider en fonction de votre situation, de l’ouvrage que vous cherchez à publier, pour quel usage (destiné à la vente ou non ?), de vos objectifs à courts et/ou longs termes.

Qui sont-elles ?

Dans l’article précédent, nous avons passé à la loupe les offres proposées par Kobo Writing Life, Bookelis, Librinova et Books on Demand.

Aujourd’hui, regardons de plus près ce que nous proposent TheBookEdition, Kindle Direct Publishing et Lulu.com.

  • Quelles sont leurs prestations ?
  • Combien ça coûte ?
  • Quelle rémunération pour l’auteur ?

Vous trouverez ci-dessous les réponses que j’ai pu recueillir avec plus ou moins de difficultés.

TheBookEdition est une plate-forme d’auto-édition spécialisée dans l’impression de livres à la demande, leur atelier d’impression se situe à Lille.

La prestation initiale de TheBookEdition ne comprend que la fabrication du livre que l’auteur peut imprimer dans la quantité qu’il souhaite et se faire livrer pour les vendre par ses propres moyens. Il lui en coûte alors le coût de fabrication avec un tarif dégressif en fonction du nombre d’exemplaires commandés.

Distribution :

Côté distribution, l’auteur peut choisir une option complémentaire pour bénéficier d’une visibilité sur leur site. Les librairies inscrites peuvent alors commander l’ouvrage et TheBookEdition s’occupe de la réception des commandes, de l’impression et de la livraison. N’oublions pas que les libraires prélèvent une commission d’environ 30 % sur le prix de vente.

Il est également possible de souscrire à un abonnement pour une diffusion plus large via les grandes librairies en ligne (qui prélèvent aussi une commission de 30 %) pour 7,99 € par mois et par titre, sans engagement.

Au fil des années, TheBookEdition s’est également mobilisé sur le marché du numérique et propose la publication des ebooks gratuitement avec une visibilité sur leur propre librairie en ligne.

Services supplémentaires :

Leurs services s’étendent également à des prestations complémentaires sous forme de forfaits ou de packs.

  • De la correction simple à la réécriture approfondie : entre 2,90 € et 4,50 € pour 1000 signes.
  • Traduction : 18 € les 1000 signes.
  • Mise en forme du texte : 3,60 € les 1000 signes.
  • Deux packs possibles pour la création de la couverture : entre 149 € et 249 €
  • Divers services d’impression de supports/papeterie (marque-pages, flyers, kakémono…)
  • Conseils en communication (4 packs proposés) : entre 490 € et 575 €.

Quelle rémunération ?

Pour un livre numérique :
Pour la publication de l’ebook, TheBookEdition impose un premier prix pour les frais de stockage auxquels l’auteur ajoute la marge qu’il souhaite pour obtenir le prix de vente TTC.

Pour un livre papier :
Comme indiqué précédemment, TheBookEdition se rémunère grâce au coût de la fabrication sur le livre papier. La formule de base permet une visibilité chez les libraires qui prélèvent chacun une commission de 30 % sur le revenu de chaque vente. L’auteur peut donc calculer son revenu en fonction de la marge choisie (prix HT – coût de fabrication – commission libraire = marge de l’auteur).

Ma simulation :
J’ai réalisé une simulation sur TheBookEdition avec DISSIDENCE (le plus petit volume de la trilogie E16) et pour les mêmes caractéristiques que l’ouvrage vendu actuellement, le coût de fabrication TTC s’élève à 13,13 € (pour l’impression d’un seul ouvrage). Le vendeur prélève 30 % du prix HT. Dans cette simulation, pour percevoir une rémunération égale à celle que je reçois actuellement, je devrais fixer le prix de vente à près de 24,69 € TTC. À ce jour, il est vendu à 16,99 €. Bon, je me dois de rappeler que j’écris de très gros volumes équivalents à 2 livres en 1 (j’essaie de me soigner).

Initialement, l’offre de Kindle Direct Publishing se cantonnait à la publication numérique gratuite avec une visibilité sur le site d’Amazon.Cependant, au fil des années, grâce à l’émergence de l’impression à la demande, Amazon a pu conquérir sa part de marché du livre papier. Tout a commencé avec le service CreateSpace avant que le système migre complètement vers KDP qui centralise désormais les publications numériques et papiers pour une commercialisation exclusivement sur Amazon.

Chez KDP, il n’en coûte que le prix de l’épreuve pour permettre à l’auteur d’effectuer un dernier contrôle de la version papier avant sa mise en vente. Toutefois, le site prélève 30 % sur le revenu de chaque ebook et 40 % sur la version brochée.

Quelle rémunération ?

Pour un livre numérique :
Amazon prélève 30 % sur le prix du livre numérique, ce qui permet à l’auteur de toucher 70 % sur le prix de vente HT.

Pour un livre papier :
Pour la version brochée, Amazon s’octroie une commission de 40 %. La ventilation du prix de vente se décline ainsi : prix de vente HT – 40 % commission Amazon – coût d’impression = rémunération de l’auteur 20 % du prix HT. Oui, les frais d’impression sont bien prélevés sur la marge de l’auteur.

Ma simulation :
Pour plus de précisions, reprenons notre exemple de DISSIDENCE (format 15×23, papier crème simple, couverture mate et souple pour 485 pages). Son coût de fabrication s’élève à 6,42 €, le prix public hors taxes revient quant à lui à 16,10 € sur lesquels je gagne 60 % – le coût de fabrication. ([16,10 x 0,60] – 6,42 € = 3,24 € de redevance). Je précise toutefois que le prix de vente minimum imposé par Amazon est de 10,70 € ce qui est plutôt correct. L’auteur peut ensuite fixer son prix public selon ses objectifs. Pour ma part, mon désir étant avant tout d’être lue, j’ai fait le choix d’un tarif raisonnable.

Lulu.com est une entreprise d’auto-édition gratuite d’impression à la demande.
Leur mission principale est de fabriquer des livres que l’auteur peut imprimer dans la quantité qu’il souhaite et se faire livrer pour les vendre par ses propres moyens. Il est alors à sa charge de régler les frais d’impression et de port en fonction de la quantité qu’il commande.
Lulu propose aussi la création gratuite des ebooks.

Distribution :
Lulu propose deux modes de distribution, l’auteur peut commercialiser son livre broché sur la librairie en ligne de Lulu ou choisir une visibilité plus large via Amazon, Ingram ou le réseau Hachette Book Group.
Les ebooks en anglais peuvent également bénéficier d’une diffusion à plus large échelle.

Quelle rémunération ?

Pour un livre numérique :
Pour la vente des ebooks (en anglais) le revenu de l’auteur se calcule après déduction des frais de distribution au tarif HT. (prix de vente HT – frais de distribution) – commission Lulu 10 % = revenu de l’auteur soit à peu près 40 % du prix HT.

Pour un livre papier :
Lulu s’octroie 20 % sur le revenu de chaque vente et une fois le coût d’impression déduit.

  • Si l’achat s’effectue sur le site de Lulu, la rémunération de l’auteur se calcule ainsi (prix de vente HT – frais d’impression) – 20 % commission Lulu = revenu auteur.
  • Si le lecteur achète sur un autre site, des frais de distribution à hauteur de 50 % du prix de vente sont prélevés. Une fois le coût d’impression et les frais de distribution déduits, Lulu prélève aussi sa commission de 20 % sur le montant restant. L’auteur perçoit donc la dernière part. Dans l’exemple présenté sur le site de Lulu, le prix de vente est fixé à 15,99 € et le revenu de l’auteur s’élève à 3,78 €. Néanmoins, les caractéristiques du livre en question ne sont pas précisées.

Ma simulation :
À titre indicatif, j’ai effectué sur Lulu une nouvelle simulation pour mon roman DISSIDENCE (le plus petit volume de la trilogie E16) avec les caractéristiques les plus proches de celles de l’ouvrage que je vends actuellement, le coût de fabrication s’élève à 11,45 €. Lorsque vient le moment de fixer le prix public, Lulu m’impose un tarif minimum de 28,26 €. À ce jour, mon roman est vendu à 16,99, mais encore une fois, je rappelle que j’écris de gros volumes.

Petit récapitulatif pour y voir plus clair :

Les exemples cités ci-dessous sont basés sur les caractéristiques techniques de DISSIDENCE, tome 2 de la trilogie E16 et une commercialisation dans les librairies propres à chaque plate-forme. Pour élargir la commercialisation vers d’autres vendeurs, les coûts et revenus varient.

Livre numérique :

Abonnement
annuel
(à partir de)
L’auteur perçoit …%
du prix de vente HT
L’auteur perçoit …€
s’il vend son livre 4,99€ TTC
(soit 4,73€ HT avec TVA 5,5%)
BoD19€72%3.41€
Bookelis0€80%3.78€
Kindle Direct Publishing(1)0€70%3.20€
Kobo Writing Life0€80%3.78€
Librinova50€70%3,31€
Lulu0€40%1,89€
The Book Edition(2)0€NCNC
(1) KDP prélève 0.16€ sur le prix de vente HT au titre des frais de livraison du livre numérique. Les 70% sont donc calculés à partir de 4.73-0.16= 4.57€.
(2) The Book Edition impose des frais de stockage dont je ne connais pas le calcul. De plus, l’auteur choisit sa marge.

Livre broché de 485 pages

Abonnement
annuel
(à partir de)
L’auteur perçoit …%
du prix de vente HT
L’auteur perçoit …€
s’il vend son livre 16.99€ TTC
(soit 16.10€ HT avec TVA 5,5%)
BoD19€23.97%3.90€
Bookelis0€4.22%0.68€
Kindle Direct Publishing0€20.12%3.24€
Kobo Writing Life(3)0€NCNC
Librinova(4)40€NCNC
Lulu(5)0€NCNC
The Book Edition0€18.20%2.93€
(3) Kobo Writing life semble avoir un partenariat avec Bookelis mais les indications sur leur site ne permettent pas de remplir ce tableau de façon fiable.
(4) Librinova permet à l’auteur de choisir parmi plusieurs paliers de marge allant de 1€ à 2.50€.
(5) Lulu impose un prix de vente de minimum à 28€ TTC, prix auquel il faut rajouter la marge souhaitée par l’auteur. Le tableau ci-dessus se basant sur un prix de vente à 16.99€TTC, les informations sur Lulu ne peuvent être renseignées.

Cela fait beaucoup d’informations et je ne saurais que vous conseiller de découvrir leurs sites pour approfondir les éléments que je vous ai cités.
J’espère que cet article aura pu vous aiguiller quelque peu sur les différents services proposés par ces prestataires.

Cet article vous a plu ? Vous désirez découvrir d’autres informations utiles aux auteurs, des outils, des trucs et astuces ? Abonnez-vous à mon journal ! Zéli vous montre la marche à suivre tout en bas de la page.

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Les Plates-formes d’auto-édition (Partie 1)

Dernièrement, nous avons fait le point ensemble sur les différents modes d’édition. Nous avons listé les principales caractéristiques, les avantages et les inconvénients de chacun. À l’issue de ces recherches, mon petit Zéli a pris le chemin de l’auto-édition, mais entre nous, il est un peu dépassé le pauvre chou. Alors pour l’aider dans sa démarche, j’ai entrepris quelques petites recherches sur les plates-formes d’auto-édition.

Avant toute chose, sachez qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, il existe beaucoup d’autres structures de ce genre. Je partage ici, celles que j’ai analysées pour l’édition de ma trilogie notamment. Je ne vous dirais pas laquelle choisir, vous devez décider en fonction de votre situation, de l’ouvrage que vous cherchez à publier, pour quel usage (destiné à la vente ou non ?), de vos objectifs à courts et/ou longs termes.

Qui sont-elles ?

Nous les avons évoquées dans l’article sur l’Auto-édition, elles ont pour noms Lulu, Kobo Writing Life, Books on Demand, Kindle Direct Publishing, TheBookEdition, Librinova, Bookelis et bien d’autres.

Ces structures peuvent se révéler des appuis très solides. Elles proposent leurs services pour publier votre ebook et/ou une version brochée. Généralement, ces publications s’accompagnent d’une diffusion dans les marketplaces et/ou certaines librairies en ligne, voire un référencement chez Dilicom pour une visibilité auprès des librairies physiques.

Aujourd’hui, nous nous penchons sur Kobo Writing Life, Bookelis, Librinova et Books on Demand. Nous aborderons les trois autres dans un prochain article.

  • Quelles sont leurs prestations ?
  • Combien ça coûte ?
  • Quelle rémunération pour l’auteur ?

Vous trouverez ci-dessous les réponses que j’ai pu recueillir avec plus ou moins de difficultés.

Quelques détails…

Kobo Writing Life propose les publications numériques gratuitement avec une visibilité sur le site de la FNAC. De plus, pour rivaliser avec ses concurrents, KWL propose désormais l’édition d’une version papier grâce à un partenariat avec Bookelis.

Les auteurs de KWL peuvent y retrouver les services de Bookelis en bénéficiant d’un avantage de 20 % sur les frais d’impression et de 5 % sur les autres prestations proposées par Bookelis.

Les auteurs KWL peuvent également profiter du réseau de distribution Hachette Livre grâce au Pack Monde de Bookelis proposé au tarif préférentiel de 49 € au lieu de 156 €. Toutefois, la durée de mise en œuvre de ce pack demeure assez floue. Dans la FAQ de KWL, il est mentionné que cette distribution pour 49 € est valable par titre et à vie, mais ce détail n’apparaît pas sur le site de Bookelis où il n’est valable que 12 mois renouvelables (voir paragraphe consacré à Bookelis).

Quelle rémunération ?

Kobo Writing Life prélève 20 % sur le prix l’ebook, l’auteur perçoit donc 80 % du prix HT.

Pour la version brochée, les revenus peuvent se décliner ainsi :

  • Depuis la librairie Bookélis, l’auteur perçoit la marge qu’il définit lui-même en décidant du prix public (prix de vente public HT – coût de fabrication [prix auteur avec réduction de 20 %] = marge de l’auteur).
  • Depuis le réseau des autres libraires (pack de distribution via Hachette Livre), l’auteur perçoit 15 % du prix de vente public HT (après avoir dépensé 49,00 €).

Bookelis accompagne les auteurs dans leur démarche de publication en proposant une palette de services assez étendue. Ces prestations vont de l’expertise du manuscrit au soutien promotionnel en passant par la conception de la couverture et la distribution.

Les services se présentent essentiellement sous forme de forfaits :

Conception du livre :

  • Coaching d’écriture de 9 heures : 290 €
  • Correction du manuscrit : 1,79 € pour 1000 signes
  • Aide à la publication d’un livre papier : 49,00 €
  • Aide à la publication d’un ebook : 49,00 €
  • Pack pour les deux publications : 89,00 €
  • Création de la couverture — version papier : 149,00 €
  • Création de la couverture — version numérique :99,00 €
  • Pack pour les deux couvertures : 169,00 €

Distribution :

  • 3 packs valables 12 mois renouvelables et bénéficiant d’une dégressivité au fil des années et la souscription pour le 3ème roman est offerte : Entre 96,00 € et 156 € en fonction du pack choisi.
  • Référencement sur des plates-formes de mise en relation auteur/chroniqueurs pendant 3 semaines : 210 €
  • Accompagnement individuel sur la stratégie de communication : 590 €
  • Aide à la communication sur les réseaux par le biais d’un bilan en 3 étapes : 549 €
  • Pack promo salon (marque-pages, cartes postales, chevalet, présentoir…) : 65 €
  • Diverses campagnes publicitaires : entre 99 € et 250 €
  • Diverses interventions dans les médias : entre 49 € et 199 €

Quelle rémunération ?

Après avoir réglé les différentes prestations souscrites et le pack de diffusion choisi, l’auteur perçoit :

Pour un livre numérique :

  • Depuis la librairie Bookelis, l’auteur perçoit 80 % du prix de vente public hors taxes.
  • Depuis le réseau des autres libraires (Distribution Premium), il perçoit 50 % du prix de vente public hors taxes.

Pour un livre papier :

  • Depuis la librairie Bookelis : la marge qu’il définit lui-même en décidant du prix public [le prix de vente public HT – le coût de fabrication (prix auteur) = marge de l’auteur].
  • Depuis le réseau des autres libraires (pack de distribution via Hachette Livre) : 15 % du prix HT par exemplaire papier vendu.

Librinova propose des prestations sous forme de packs publication comme Bookelis. Dans les trois principaux, nous trouvons :

  • Pack Liberté : Création et commercialisation du livre numérique dans 200 librairies en ligne pendant 1 an avec en bonus l’adhésion au programme d’agent littéraire. Cette formule est valable 1 an pour un tarif variant de 50,00 € à 75,00 €.
  • Pack Librairies : Commercialisation du livre numérique et papier, en bénéficiant de la diffusion la plus large possible (200 librairies en ligne et 5000 librairies physiques), à cela s’ajoutent la création de la maquette imprimeur ainsi que deux exemplaires offerts à l’auteur et l’adhésion au programme agent littéraire. Le tout pour 395,00 € pour 1 an.
  • Pack étoile : Pack Liberté (pendant 1 an) + pack Librairies (pendant 1 an) + relecture/correction (avec le logiciel Robert Correcteur) + création couverture + création d’un visuel promotionnel pour réseaux sociaux + communiqué de presse et envoi à 10 blogueurs + suivi des ventes et commentaires lecteurs pendant 6 mois + 10 exemplaires offerts entre autres, pour 1 950,00 €.

Outre ces packages, Librinova propose différentes prestations complémentaires comme la création de la couverture, un service éditorial et promotionnel entre autres. Cependant, ce prestataire se démarque surtout par son programme d’agent littéraire qui permet ainsi à l’auteur de proposer son roman à plus de 100 éditeurs traditionnels. Il est ensuite possible d’accéder à des services supplémentaires en gravissant les paliers définis par le nombre de ventes.

Quelle rémunération ?

Depuis le juillet 2020, chez Librinova, après avoir payé le(s) pack(s), la rémunération de l’auteur se calcule de la manière suivante :

Pour un livre numérique :

  • Depuis la librairie en ligne de Librinova : l’auteur perçoit 70 % du prix de vente HT.
  • Depuis les 200 librairies en ligne : (prix de vente HT – 30 % ou 40 % pour le site de vendeur) – 20 % de commission Librinova = rémunération de l’auteur.

Pour un livre papier :
Le pack de commercialisation dans 5000 librairies (valable 1an pour 120 €) permet de sélectionner un « palier » parmi quatre propositions pour lesquelles l’auteur perçoit entre 1 € et 2,5 € par exemplaire vendu en fonction de l’option choisie.

Books on Demand gère, à partir d’un exemplaire, la publication d’ebooks, ainsi que la production et la distribution de livres imprimés à la demande.

Pour cela BoD propose 4 formules :

  • BoD Fun : Impression simple sans distribution. Tarifs dégressifs selon la quantité.
  • BoD Ebook : Publication des livres numériques gratuitement avec attribution de l’ISBN, accès à un logiciel de mise en page.
  • BoD classique : Publication aux formats papier et numérique avec attribution de l’ISBN et un référencement chez Dilicom. BoD gère aussi les commandes, les impressions et les expéditions pour un forfait de 19 € pour 1an.
  • BoD confort : Formule BoD classique à laquelle s’ajoutent l’accompagnement d’un professionnel pour toute interrogation concernant le manuscrit et 6 exemplaires de l’ouvrage pour 249 € pour 1an.

Il est possible de souscrire à d’autres services en plus de ces 4 formules :

  • Mise en page et construction de la maquette parmi un choix de 11 modèles à partir de 299 €.
  • Création de la couverture à partir de 99 €.
  • Relecture et correction entre 3 € et 6,50 € pour 1500 signes.
  • Pack idéal : BoD confort + mise en page de l’ouvrage et couverture personnalisée pour 749 €.
  • Marketing : Services presse, guide des réseaux sociaux, papeterie pour 49 € (marque-pages, affiches…), séance de dédicaces au Salon du livre 99 €, publicité à partir de 279 €.

Quelle rémunération ?

Pour un livre numérique :

  • 80 % du prix HT pour les ventes réalisées sur la librairie BoD.
  • 70 % du prix HT pour les ventes réalisées dans les autres librairies.

Pour un livre papier :
Je n’ai pas trouvé de précision sur les calculs et la ventilation du prix de vente, mais BoD offre la possibilité de faire une simulation avec des critères concrets. J’ai testé avec DISSIDENCE (le plus petit volume de la trilogie E16) en sélectionnant des caractéristiques similaires à l’ouvrage vendu actuellement.

Prix suggéré par BoD > 14,99 € :

  • Depuis la librairie de BoD, la rémunération de l’auteur s’élève à 2,36 € sur le montant HT.
  • Depuis les autres librairies, l’auteur perçoit 1,57 € du prix de vente HT.

Prix sélectionné pour la simulation
(identique au prix de vente actuel) > 16,99 € :

  • Depuis la librairie de BoD, l’auteur reçoit 3,90 € du prix de vente HT.
  • Depuis les autres librairies, la marge de l’auteur s’élève à 2,60 € du tarif HT.

Voilà pour la partie 1, dans le prochain article, nous observerons les offres de TheBookEdition, de Kindle Direct Publishing et de Lulu.com.

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Infos pratiques

Édition : les démarches légales obligatoires…

Maintenant qu’il a décidé de s’orienter vers l’auto-édition, Zéli m’a récemment interrogée sur les démarches administratives à réaliser, alors voici un petit récapitulatif à épingler.

Dans le cadre de la publication de son roman, un auteur-éditeur se doit de respecter certaines mentions légales et d’effectuer quelques démarches obligatoires.

En France, le dépôt légal est obligatoire à partir du moment où l’ouvrage sort du cercle familial et est mis à disposition d’un public.
Pour procéder à ce dépôt légal, selon le Décret n°8168 du 3 décembre 1981- Article 7, le livre doit respecter certaines normes et être identifié par un ISBN (International Standard Book Number) qui est en quelque sorte la pièce d’identité de l’ouvrage.

LIVRES PAPIER

Mentions obligatoires

Un ouvrage destiné au public (qu’il soit édité par une ME ou un auteur indépendant) doit donc faire l’objet d’un dépôt légal, mais pour cela il est important de faire figurer sur votre livre certaines mentions obligatoires.

  • Nom et adresse de l’éditeur.
  • Nom et adresse de l’imprimeur
  • Prix de vente en euros sur la couverture.
  • Mois et année du dépôt légal.
  • ISBN (il doit apparaître à l’intérieur et sur la couverture)

ISBN
(International Standard Book Number)

L’ISBN s’acquiert auprès de l’organisme l’Afnil, l’Agence francophone pour la numérotation internationale du livre. Pendant longtemps, la démarche fut gratuite, mais avec l’augmentation du nombre de demandes, l’Afnil a changé sa politique tarifaire en 2017. Désormais, chaque nouvel éditeur doit payer 28 € pour la première attribution, il reçoit alors une liste de plusieurs ISBN selon sa demande. Le délai d’attente est de 3 semaines, mais il est possible de le réduire à 2 jours ouvrés moyennant 55 €.
Chaque édition du livre doit posséder son propre ISBN, c’est-à-dire que les versions brochée, reliée, de poche et numérique d’un même ouvrage possèdent chacune leur propre identification.

Dépôt légal d’un livre papier

Lorsque l’ouvrage est identifié, l’auteur-éditeur peut alors effectuer le dépôt auprès d’un organisme dépositaire comme la BNF, la Bibliothèque nationale de France. Cette démarche relativement simple consiste à envoyer par courrier un exemplaire du livre accompagné d’un formulaire complété. Ce dépôt constitue également une preuve d’antériorité dans le cadre de la protection du droit d’auteur, mais nous pourrons approfondir ce sujet dans un autre article si cela vous intéresse.
Pour une œuvre destinée à un jeune public, l’auteur-éditeur doit déposer 2 exemplaires de son ouvrage auprès de la CSCPJ, Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse.
Ces envois à la BNF sont gratuits puisqu’ils bénéficient de la franchise postale. Indiquez simplement « Franchise postale, Dépôt légal, Code du Patrimoine Article L132-1 » sur votre colis.

LIVRES NUMÉRIQUES

Mentions obligatoires

Comme la version papier, le livre numérique est soumis à certaines normes, même s’il est distribué gratuitement.

  • Nom et adresse de l’éditeur.
  • Prix de vente en euros sur la couverture.
  • ISBN

À chacun son ISBN

Comme indiqué plus haut, chaque version du livre possède son propre ISBN. Cela est également valable pour les livres numériques, .epub, .pdf, .mobi, .pdb.
Si vous éditez votre ebook sur Amazon, l’ISBN n’est pas nécessaire parce que la plateforme lui attribue automatiquement un code ASIN (Amazon Standard Identification Number). En revanche, si vous envisagez de proposer votre roman via plusieurs revendeurs en ligne, il est important de lui réserver un ISBN de votre liste fournie par l’Afnil.

Dépôt légal d’un livre numérique

Le dépôt légal concerne également le contenu des livres numériques (non l’outil de lecture ou tablette) et dépend du dépôt légal de l’internet selon les modalités prévues par le Code du patrimoine.

L’auteur-éditeur n’a aucune démarche à faire. Les collectes sont automatisées via des robots qui réalisent des échantillonnages représentatifs des collections.

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Sources

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Auto-édition : Les pleins pouvoirs

Je suis ravie de vous retrouver pour étancher notre soif de réponses concernant cette jungle hostile que constituent les différents modes d’éditions.
Mon ami Zéli désespère et commence à baisser les bras… pourtant, je vous assure, son roman mérite vraiment de trouver ses lecteurs… et les lecteurs seraient enchantés de découvrir son travail.

Vous croyez également en votre roman ?

Il n’y a plus de place pour vous au sein de l’édition traditionnelle ? Et les offres proposant des contrats à compte d’auteur ne vous correspondent pas ?
Vous êtes prêt à retrousser vos manches pour aider votre roman à trouver ses lecteurs ?

Vous êtes au bon endroit.

Nous abordons aujourd’hui notre dernier mode d’édition qui est l’auto-édition et toute sa palette de possibilités.

L’auteur a tous les droits…

Contrairement à l’édition traditionnelle où l’auteur cède ses droits à l’éditeur, dans ce concept, il reste l’unique propriétaire de son ouvrage.
De plus, la propriété littéraire confère à tout auteur d’une œuvre de l’esprit le droit de la divulguer et d’en retirer un profit au travers du droit de reproduction qu’il peut exploiter par le biais de l’auto-édition. Il devient donc l’éditeur de son propre texte, il devient auteur indépendant. Ne vous y trompez pas, auteur-éditeur est un métier à part entière et surtout très complet.

Pas de droits d’auteur…

L’auteur-éditeur ne perçoit pas de droits d’auteur. Ses revenus résultent de la vente de ses livres. Généralement, un certain pourcentage est réservé à régler les taxes et impôts. Sur le taux restant, le ou les prestataire(s) sollicité(s) pour la commercialisation s’octroient également un pourcentage

Les avantages  ?

  • L’auteur conserve l’intégralité de ses droits.
  • L’auteur garde un contrôle total sur la conception du livre.
  • L’auteur peut proposer un ouvrage plus personnel, plus original ou n’entrant pas dans les cases de l’édition traditionnelle.
  • Il peut faire appel aux prestataires de son choix (ex : un illustrateur dont il apprécie le travail)
  • La rémunération peut s’élever jusqu’à 70 % du prix de vente.
  • La durée de commercialisation de l’ouvrage n’est pas soumise à la validité d’un contrat comme dans l’édition traditionnelle. L’auteur peut commercialiser son roman ad vitam si cela lui chante.
  • La commercialisation est très rapide (quand qu’elle peut s’étendre à plus d’un an par le circuit traditionnel).

Les contreparties  ?

Dans ce système, l’auteur-éditeur se doit d’être autonome sur tous les fronts. Il peut décider de tout réaliser lui-même ou bien faire appel à des tiers, comme des amis ou même des professionnels. Dans tous les cas, il demeure le chef d’orchestre.

  • Il se charge de la relecture/correction du texte.
  • Il réalise la maquette du livre ainsi que la couverture.
  • Il se charge de l’impression.
  • Il effectue les démarches administratives concernant la publication officielle comme les dépôts légaux.
  • L’auteur assure la promotion (service presse, publicité…).
  • Il organise ses interventions publiques (séances de dédicaces, salons).
  • Il assume la diffusion et la vente de son ouvrage.
  • Il doit tenir la comptabilité recettes/dépenses pour les déclarer aux services des impôts.

Ne pas confondre auto-édition
et auto-publication…

Étonnant ?
L’auto-publication consiste à diffuser tout simplement son écrit auprès du public généralement de façon gratuite. Certaines plateformes, présentées comme des réseaux sociaux, permettent d’offrir des écrits (achevés ou non) aux lecteurs de façon spontanée. Cette démarche n’inclut aucun service de relecture, de correction, de mise en page, d’illustration et de diffusion. Elle est donc accessible à tout le monde dans un moindre coût et dans un moindre effort, alors qu’avec l’auto-édition, comme son nom l’indique, l’auteur effectue un véritable travail d’éditeur.

Une réputation qui précède…

Le manque de reconnaissance est un aspect que l’on néglige parfois, mais qui peut constituer un inconvénient un peu lourd à porter, surtout au départ. Les étiquettes « médiocre » et « amateur » vous collent aux basques et sont chaudement entretenues par les professionnels du milieu.
Pour beaucoup d’éditeurs (surtout les anciens du milieu), le principe de l’auto-édition est une faute déontologique. Ils estiment que les textes auto-édités n’ont pas été choisis par les directeurs littéraires, les lecteurs des comités et qu’ils sont donc indignent d’apparaître sur le marché.
Toutefois, nous avons découvert lors de nos recherches passées, que beaucoup de bons ouvrages se font refouler parce qu’ils ne s’intègrent pas à la norme éditoriale ou parce qu’ils ne sont économiquement pas rentables en raison du marché de niche ciblé. Les ouvrages de nouveaux genres peuvent également se voir refermer la porte au nez en raison du risque financier encouru. J.K. Rowling a été rejetée par les maisons d’édition pendant dix ans avant de signer un contrat pour son jeune sorcier.

Par ailleurs, il n’est pas rare de voir un auteur auto-édité se faire approcher par une maison édition après avoir essuyé moult refus. Devons-nous comprendre que les avis des comité de lecteurs ne sont pas forcément représentatifs de l’opinion de l’ensemble des lecteurs français ?

N’oublions pas qu’il est aussi fréquent de voir des auteurs auto-édités ouvrir leur propre maison d’édition et contredire ainsi toutes les idées reçues… De plus, un certain nombre d’auteurs édités à compte d’éditeur choisissent l’indépendance après des années de déconvenue.

Trop de livres, pas assez de lecteurs…

D’aucuns prétendent que la conséquence directe à l’auto-édition est un excès du nombre de titres par rapport au nombre de lecteurs potentiels. Pourtant, les lecteurs français assidus peuvent dévorer plus d’une vingtaine de livres pas an…
Et si nous les laissions décider de ce qu’ils aiment, plutôt que de leur imposer ?

Les éditeurs traditionnels proposent de belles prestations et leurs différentes démarches sont bien rodées, mais ils représentent avant tout des entreprises lucratives que les ventes de livres auto-édités n’enrichissent pas… Les auteurs indépendants ont aussi la réputation de casser les codes, de remettre en question l’ordre établi ce qui, naturellement, ne peut pas être du goût de tout le monde.

Le problème récurrent…

Sans équipe pour tenir le front, il est parfois compliqué de soigner tous les aspects de l’édition…
Il fut un temps où les ouvrages auto-édités (souvent issus d’une impression numérique) souffraient d’une réputation de mauvaise facture face à l’impression Offset des éditeurs. Seulement, l’évolution des technologies offre désormais une impression de qualité égale. De plus, le système émergeant de l’impression à la demande a permis aux petites structures et aux indépendants de conquérir le marché du papier.

Il persiste toutefois une réelle contrainte, il s’agit des corrections orthographiques, typographiques, syntaxiques etc… Toute personne maîtrisant la langue est susceptible de commettre des erreurs sur un ensemble 400 pages. Et comme, la plupart du temps, l’auteur connaît son texte par cœur, le cerveau repère plus difficilement les fautes, notamment les coquilles.
Pour y remédier, plusieurs solutions sont possibles. L’auteur peut se munir d’un logiciel correcteur plus poussé que le standard de Word par exemple. Je pense notamment à Antidote qui est capable de relever les erreurs de langues, de typographie et les fautes de style (nous parlerons de cet outils plus en détails dans un autre article). Il peut également faire appel à un correcteur « humain », comme un ou des bêta-lecteur(s) à l’œil aiguisé et disposant d’une bonne maîtrise de la langue.

Plusieurs professionnels se sont même aventurés sur ce marché bien juteux. J’ai moi-même effectué des demandes de devis pour Délivrance. Pour ce tapuscrit de plus d’un million de caractères, j’ai reçus des devis allant de 1200 à plus de 4000€. Je me suis finalement tournée vers une maison d’édition locale qui m’a proposé une facture de 500€ pour une correction orthographique/typographique et le résultat est plus que satisfaisant.

Auto-édition oui, mais pas
n’importe comment.

Alors oui, la phase de relecture/correction est primordiale et ne doit pas être négligée, parce que si elle ne remet pas en cause la qualité de l’intrigue et la structure du roman, elle peut cependant décourager les lecteurs qui ne se priveront pas pour partager leur déception.

Concrètement, comment ça se passe ?

Le phénomène de l’auto-édition existe depuis les années 60, mais il a réellement pris son envol au début des années 2000 grâce au développement du marché du livre numérique. Depuis, de nombreuses plate-formes en ligne ont vu le jour pour aider ces auteurs parfois démunis devant l’ampleur de la tâche.

Simple et efficace…

L’auto-édition numérique libère l’auteur-éditeur des contraintes de l’impression du papier, de la diffusion par les réseaux traditionnels, ou de l’expédition par voie postale et permet un contact direct avec les lecteurs. Pour se faire, il vous suffit de télécharger un fichier Word (ou un fichier ePUB de préférence) de votre texte sur de nombreuses plates-formes spécialisées et votre roman sera disponible en ligne sous quarante-huit heures ! Ces libraires en ligne vous permettent ensuite de suivre l’évolution des ventes de votre ouvrage en créant simplement un compte auteur. De plus, au cours des dernières années, de nombreuses structures se sont imposées sur ce nouveau marché pour étendre l’offre à la publication papier. Une véritable révolution dans le domaine de l’auto-édition.

Qui sont-elles ?

Elles ont pour noms Lulu, Kobo Writing Life, Books on Demand, Kindle Direct Publishing, TheBookEdition, Librinova et bien d’autres… Ces plates-formes proposent leurs services pour publier votre ebook et même une version brochée pour certaines d’entre elles. Généralement, ces publications s’accompagnent d’une diffusion dans les marketplaces et/ou certaines librairies en ligne, voire un référencement chez Dilicom pour une visibilité auprès des librairies physiques avec prise en charge des commandes et de l’aspect logistique.

Ces structures peuvent se révéler des appuis très solides. Néanmoins, il incombe de nouveau à l’auteur de choisir avec soin son prestataire pour répondre au mieux à ses besoins.
Quel type de produits ?
Quel est le public visé ?
Comment l’atteindre ?
Nous analyserons plus en détail leurs prestations dans un prochain article.

Quelques graphiques pour éclaircir la répartition du prix HT d’un livre

Notes :
– Les pourcentages sur l’édition traditionnelle sont des moyennes communiquées par le Ministère Français de la Culture et de la Communication. Elles peuvent naturellement varier selon la catégorie éditoriale (art, bande dessinée, sciences humaines, encyclopédies…) et le format de l’ouvrage (beau livre, poche…), mais également selon les modalités de diffusion et de distribution du livre.
– Les pourcentages sur l’auto-édition sont observés sur un ouvrage broché de 500 pages publié via Kindle Direct Publishing et commercialisé 16€ HT.
– Une TVA à 5.5% s’ajoute au prix HT pour former le prix TTC.

Tout faire soi-même…

Un correcteur ou une solide équipe de bêta-lecteurs a lu, relu et corrigé à maintes reprises votre texte ?
Vous avez trouvé l’illustration idéale sur une banque d’image ?
Vous maîtrisez Photoshop ou GIMP pour confectionner la couverture de votre bouquin ?
Grâce à divers logiciels, vous avez pu établir une maquette bonne à imprimer de votre ouvrage ?
Alors vous pouvez aussi choisir l’option « do it yourself ».
Maintenant que vous avez tout ce qu’il faut sur votre clé USB, pensez à faire votre demande d’ISBN (voir l’article > Édition : Les démarches légales obligatoires) et filez voir votre imprimeur.

Vous avez désormais votre tirage en stock dans votre placard et il vous échoit alors d’assurer la diffusion, la distribution et la promotion de votre ouvrage. Vous pouvez donc démarcher les libraires pour leur proposer d’ajouter votre roman à leur catalogue. Vous pouvez aussi le référencer chez Dilicom notamment ou encore le proposer à la vente sur les marketplaces. Il faudra aussi vous organiser pour les expéditions postales vers vos lecteurs ou les points de vente. Ce sera l’occasion de leur envoyer en bonus une petite dédicace 😉 Au milieu de tout cela, il vous appartient aussi d’organiser vos interventions publiques (séances de dédicaces, salons).

En définitive…

Qui a dit que l’auto-édition était la solution de facilité ? Que nenni !
Certes, devenir auteur/éditeur ne s’apprend pas en un jour, il fut un temps, où les auteurs auto-édités manquaient d’informations et de moyens. Le travail qui pouvait en résulter (français approximatif, non-respect des bonnes pratiques de mise en page, couverture de mauvaise résolution, etc.) a terni la réputation de ces auteurs indépendants au fil des années.

Faut-il censurer les chanteurs débutant dans leur garage, le métro ou leur chaîne YouTube ? De Renaud à Ben Harper en passant par Téléphone, combien de grands artistes ont été découverts de cette manière ?

De nos jours, les aides à l’auto-édition fleurissent de partout (logiciels, structures spécialisées, free-lances). De nombreux professionnels se sont mobilisés sur ce marché pour accompagner ces auteurs désœuvrés, mais aussi pour éclaircir cet univers mystique et fermé de l’édition. Il est désormais à la portée de chacun de fournir un bon travail ou de se faire accompagner. Néanmoins, je ne vais pas vous leurrer, vous risquez de vous arracher les cheveux à bien des étapes et à moins que vous consacriez beaucoup d’énergie à la promotion de vos ouvrages, il est souvent difficile de se démarquer de tous les autres auteurs…
Nous avons vu précédemment que 67% des auteurs édités à compte d’éditeur étaient également contraints d’exercer une autre activité professionnelle pour vivre. Néanmoins, il se trouvent un certain nombre de romanciers auto-édités qui parviennent à vivre de leur écriture…

Quoi qu’il en soit, mon ami Zéli est plus déterminé que jamais. Maintenant qu’il a toutes les cartes en main, il va évaluer les différentes possibilités en fonction de ses attentes, du public ciblé et de ses ressources…

Et vous, pour quelle solution optez-vous ?

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Sources

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Trucs et Astuces

La narration

Zéli et moi échangeons souvent sur nos méthodes d’écriture, nos idées, nos difficultés. Et dernièrement, nous avons partagé nos opinions sur la narration et soulevé quelques interrogations. Quel type de narrateur ? Je ? Il ? Quelle valeur temporelle ? Présent ? Passé ?

Cela fait beaucoup de questions.
Mes premières ébauches étaient écrites à la 3ème personne du singulier. Oui, j’ai grandi avec Harry Potter. Ce n’est que bien plus tard que j’ai commencé à écrire à la 1ère personne du singulier. En revanche, j’hésite encore avec la valeur temporelle.
J’ai toujours souhaité construire un récit au présent, mais les tests que j’ai faits… eh bien…, ne sont restés que des tests justement. Combien de chapitres ai-je dû retravailler pour revenir au temps passé plus sécurisant ? Plusieurs dizaines, je le crains.

Zéli m’a scruté avec des yeux ronds quand je lui ai fait part de mes déboires… ben oui, parce que lui ne se pose pas autant de questions. Il écrit comme il le ressent et la narration au présent à la première personne du singulier est quelque chose de naturel pour lui.

Et vous ?

Pour trouver des réponses à mes questions, ou en tout cas pour m’aider à comprendre d’où provient cette difficulté, j’ai jugé que des révisions s’imposaient. Oui, même si j’écris beaucoup (un euphémisme !), pour moi, les cours de Français sont un peu loin.

Je vous propose de creuser ensemble la question du statut du narrateur et de la valeur temporelle.

Le statut du narrateur…

En premier lieu, notons qu’il ne faut pas confondre l’auteur et le narrateur.
L’auteur est le concepteur de l’intrigue, celui qui imagine l’œuvre (roman, nouvelle, etc…) tandis que le narrateur est celui qui raconte l’histoire. Il est important de distinguer l’auteur de son/ses personnage(s), ainsi, un écrivain peut narrer l’histoire d’un serial killer sans être considéré comme adepte des mêmes travers.
Il est aussi possible que plusieurs voix se partagent la vedette, nous parlons alors de récit polyphonique.

Statut interne

Le narrateur peut être « personnage » principal ou secondaire, autrement dit, il incarne un protagoniste de l’histoire. Nous suivons les péripéties à travers son regard, ses émotions. Nous parlons alors d’un narrateur homodiégétique ou autodiégétique s’il est le personnage principal.
Pour ce faire, l’auteur utilise souvent la première personne du singulier « je », mais il n’est pas exclu de trouver des récits à la troisième personne du singulier « il ». Dans ce cas, le narrateur effectue une « projection » dans l’esprit du personnage, il entre dans sa tête.
Dans les deux cas, ce statut implique une subjectivité totale des événements qui dépend de la vision et de la psychologie du protagoniste. Il est alors à la charge du lecteur de différencier le factuel des opinions du personnage.

Statut externe

Le statut peut aussi être externe avec un narrateur extradiégétique, c’est-à-dire extérieur au récit. Il s’agit alors d’une voix indéterminée qui n’est ni celle de l’auteur ni celle d’un protagoniste. Bien qu’il se focalise généralement sur un ou plusieurs personnages, le lecteur n’a pas accès à leur esprit, à leurs pensées, à leurs doutes, à leurs tourments et à leur vision des choses.
Ce statut est généralement caractérisé par l’emploi de la 3ème personne du singulier « il ».
Le narrateur externe peut être totalement neutre et se contenter de conter le récit tel qu’il le voit se dérouler comme une caméra embarquée.
Toutefois, il peut aussi être impliqué et se permettre de commenter, de porter des jugements de valeur sur les personnages ou les situations, ou encore émettre des sarcasmes ou faire usage de l’ironie.

Point de vue omniscient

Le point de vue omniscient, ou focalisation zéro, permet au lecteur d’acquérir de larges connaissances sur l’univers, sur les faits et gestes des différents personnages ainsi que sur les situations.
Parce que le narrateur omniscient sait tout, telle une entité divine.
Il connaît les pensées et les intentions de chacun. Il a accès aux informations qui échappent aux protagonistes. Il fournit tous les détails au lecteur. Ses affirmations, ses descriptions sont forcément vraies et crédibles. Il n’est pas influencé par la subjectivité des personnages.

Alors, « je » ou « il » ?

L’emploi de la troisième personne permet de conserver une certaine distance entre l’auteur et son/ses personnage(s). Certains lecteurs boudent les récits à la première personne parce qu’ils sentent leur regard de l’histoire biaisé par la subjectivité de l’auteur. De plus, l’emploi du « il » permet de s’émanciper des tics de langage des protagonistes alors restreints aux dialogues.
Par ailleurs, l’utilisation de la troisième personne facilite le changement de narrateur, notamment quand vous livrez le point de vue de plusieurs personnages à la fois.

La narration homodiégétique avec la première personne du singulier « je », implique davantage le lecteur. C’est le héros qui conte son histoire comme il la vit, comme il la perçoit, comme il la ressent.
En tant qu’auteur, vous devez incarner votre personnage, le connaître par cœur, ses réactions, ses pensées, ses émotions et vous imprégner de son passé, de ses traumatismes, de ses peurs. Vous devez aussi adapter votre écrit, votre vocabulaire au langage du personnage parce que c’est bien lui qui parle.

Dans le cas d’un récit polyphonique, soyez vigilants lorsque vous switchez d’un personnage à un autre pour garder le fil de leurs pensées, de leur état d’esprit. Il convient d’établir une narration propre à chacun des protagonistes-narrateurs.
Par ailleurs, notons que ce point de vue interne limite les informations à ce que voit, entend et ressent le narrateur.

Les pièges à éviter…

Avec l’emploi de la première personne du singulier, vous devez trouver un moyen de rendre votre personnage (même le plus détestable) sympathique, attachant, intéressant, captivant. Oui, la narration à la première personne peut être barbante. Imaginez un Calimero ou un râleur… ou encore un personnage qui jure en permanence dans un Français approximatif…

Soyez vigilants aussi aux répétitions et aux monologues qui peuvent alourdir le récit.
Dans la mesure où nous sommes limités par le point de vue unique du protagoniste, nous pouvons aussi être tentés de supputer, d’émettre des suppositions sur les événements et les réactions des autres personnages. Faites cependant attention à ne pas basculer vers le point de vue externe en apportant trop d’éléments inconnus du narrateur.

Il est également important de faire évoluer progressivement votre personnage. Le lecteur doit pouvoir suivre son cheminement au fil de l’intrigue, des obstacles. Sa façon de penser, ses raisonnements, ses opinions doivent évoluer logiquement à la suite d’événements, de discussions, de rencontres. Cette progression doit être ponctuée d’interrogations, de doutes, de peurs, d’efforts et sa narration change naturellement avec lui.

La narration à la première personne est donc délicate à mettre en œuvre, mais en plus de happer le lecteur dans la tête du personnage, elle génère également un suspens naturel. Elle suscite, pour le lecteur, des interrogations, des doutes, parfois des idées faussées par les raisonnements du protagoniste. Et il est tout à fait possible d’en jouer…

La temporalité narrative… quésaco ?

En tant qu’auteur, vous disposez d’un certain choix de valeurs temporelles, de temps grammaticaux pour composer votre récit, il vous revient cependant d’assurer la cohérence de votre ouvrage.
Vous devez vous interroger sur la durée du récit, autrement dit le temps écoulé entre la situation initiale et le dénouement (trois jours, six mois, dix ans ?), ainsi que sur le moment où se situe le narrateur lorsqu’il conte les événements.

Nous distinguons trois temps :
◆ Le temps de l’écriture : l’époque où l’auteur écrit le récit.
◆ Le temps de l’histoire : l’époque où se déroule les événements ainsi que leur chronologie.
◆ Le temps de la narration : le moment où le narrateur raconte les faits et dans quel ordre il les rapporte (chronologiquement ou non).

À quelle époque se situe le narrateur ?

Il est important de déterminer à quel moment placer le narrateur par rapport aux péripéties qu’il raconte.

Dans le cadre de la narration ultérieure, il se situe après les événements. Ce sont alors les temps du passé qui sont employés (essentiellement passé simple et imparfait).

Le narrateur peut aussi vivre les événements en direct, on parle alors de narration simultanée avec l’emploi du présent.

La narration antérieure permet au narrateur de conter des événements futurs, sous forme d’anticipation, de rêve, de prophétie avec l’emploi du futur.

Le passé, toujours le passé !

Penchons-nous maintenant sur la narration ultérieure avec l’utilisation du passé. En français, il est le temps du récit par excellence. Il offre beaucoup de possibilités pour articuler votre écrit.

Le passé simple est exploité pour les actions achevées ou accomplies, précisément délimitées dans le temps et qui se succèdent ou non. C’est pourquoi il est appelé « passé de narration ». Il permet l’enchaînement des actions avec une certaine fluence.

L’imparfait est plutôt utilisé pour des actions longues, en cours ou inachevées, sans début ni fin précis. Il est le temps de la description, employé également pour des actions simultanées ou répétitives. Ce qui est dépeint à l’imparfait a encore une incidence sur le présent.
Le passé composé, comme le passé simple, marque l’antériorité d’une action sur une autre et exprime l’accomplissement d’une action.

Quid du présent ?

Plus moderne, le présent semble trouver sa place progressivement au sein de récits français, même s’il demeure très critiqué par les puristes.

L’emploi du présent offre un effet cinématographique au récit. Il donne vie à l’action avec une impression de direct. Il aide le lecteur à s’identifier au(x) personnage(s), à vivre plus intensément les événements. Le présent intensifie les émotions du lecteur.
Il est particulièrement adaptable aux récits qui se déroulent sur une durée restreinte et permet au lecteur de suivre en temps réel.

Cependant, malgré cet aspect cinématographique, le présent peut limiter les allées et venues de temps dans la tête du personnage qui reste centré sur le moment qu’il vit à l’instant T et peine à passer à des événements futurs. D’aucuns peuvent également affirmer qu’il limite l’expressivité. De plus, le passé étant le temps narratif par excellence, comme indiqué plus haut, certains lecteurs sont susceptibles de bouder ce genre de récits.

Présent ou passé ?

Vous l’avez compris, bien que le présent renvoie une impression de souplesse, de facilité, il peut s’avérer bien plus délicat à manier à en fin de compte.
Le présent peut être judicieux si vous choisissez un point de vue interne pour une histoire qui se déroule sur quelques jours. Toutefois, si elle s’étend sur plusieurs années, qu’elle fait appel à de nombreux personnages et s’appuie sur la narration plus que sur les actions, le passé peut offrir plus de possibilités ou sera peut-être plus simple à exploiter. C’est pourquoi vous devez déterminer avec soin la temporalité de votre histoire.

Néanmoins, n’oublions pas un élément important : l’aspect affectif. Vous devez être à l’aise avec la narration que vous choisissez. Interrogez-vous sur les éléments que nous avons vus plus haut et faites des tests. Si l’un des deux, présent ou passé, est bloquant, vous vous en apercevrez rapidement. Toutefois, si comme moi vous êtes buté et que vous vous acharnez à choisir la difficulté… eh bien… retroussez vos manches, faites-en un exercice de style littéraire !

Personnellement, comme vous le savez maintenant, le présent me pose problème depuis toujours. Alors, pourquoi insister ? me direz-vous. En toute honnêteté, je ne suis pas certaine de la réponse. Les ouvrages au présent m’ont toujours attirée de par cette immersion totale, mais je pense que le goût de la difficulté est plus fort.
C’est plus fort que moi, j’adore les challenges ! Qu’à cela ne tienne, mon prochain roman sera écrit au présent !
Pour tout vous dire, j’ai déjà commencé et j’en suis à 7 chapitres…
Je suis plutôt contente du résultat.
Mon constat ? La taille des chapitres ! En comparaison, ceux de la trilogie E16 sont trois fois plus longs ! Pourtant, tous les éléments de ma trame sont présents. Cette narration me permet d’aller à l’essentiel, de rester centrée sur l’action. Les arrêts sur image, que ce soit pour les descriptions ou les introspections, sont beaucoup moins fréquents, ou en tout cas maniés différemment. Le rythme est plus soutenu. Et plus, j’écris, plus l’exercice devient naturel.
Vais-je enfin régler mon problème de volume ? (consulter l’article « Comment les maisons d’édition ont-elles fait de moi une romancière indépendante ?« )

Mon conseil ?
Faites comme Zéli ! Pas n’importe quoi, certes, restez cohérents bien sûr, mais surtout écrivez comme vous le ressentez. Ayez confiance en votre récit, il vous révélera ce dont il a besoin…

Alors, verdict ?
Pour quel statut optez-vous ? Quelle temporalité ?

J’espère que cet article vous aidera dans votre choix de la narration. N’hésitez pas à me faire part de vos questions, nous tâcherons d’y répondre ensemble avec Zéli.

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Le monde du livre

Et pourquoi pas l’édition à compte d’auteur ?

Nous revoilà dans la poursuite de notre quête de réponses sur les systèmes d’édition. La dernière fois, mon pauvre Zéli était totalement démoralisé en découvrant que les portes des éditeurs traditionnels étaient trop étroites pour lui… Parce que mon Zéli, il y croit à son roman et surtout, il a besoin de savoir… de se confronter à l’avis des lecteurs, alors nous nous sommes penchés sur un nouveau mode d’édition. Aujourd’hui, nous allons aborder l’édition à compte d’auteur.

Historiquement le premier système d’édition…

Surpris ? La publication à compte d’auteur a régné du XVI siècle jusqu’au XIX siècle sur le monde de l’édition. Vous connaissez sûrement des noms tels que Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine ? Tous furent édités à compte d’auteur. Pourtant, malgré son historique, ce mode d’édition fait de nos jours l’objet d’une mauvaise réputation en raison de différentes « variantes » pouvant parfois se révéler abusives. Néanmoins, ce système demeure régi par un certain nombre de règles et certaines structures offrent des services de qualité.

Un auteur/client…

Les éditeurs à compte d’auteur sont des prestataires de service qui proposent des contrats de louage d’ouvrage régis par l’article L 132-2 du Code de la Propriété Intellectuelle et non des contrats d’édition classique tels qu’ils sont définis dans l’article L 132-1 du CPI vu la dernière fois.
Ces établissements permettent à l’auteur de faire éditer son œuvre moyennant le coût du service apporté. Cette prestation comprend généralement la partie technique, à savoir la conception de la couverture, l’impression de l’ouvrage, mais aussi la diffusion dans une certaine mesure. Attention à ne pas confondre la diffusion avec la publicité. La diffusion consiste à rendre votre roman visible, accessible aux professionnels de la distribution comme les librairies, les grandes surfaces, les marchands de journaux ou les centrales d’achat, etc., cependant, lesdits professionnels restent libres de le sélectionner ou non. N’oublions pas que plus de 64 000 bouquins sont publiés par an en France (79 581 en 2019), ce qui représente près de 180 références par jour. Un jeune auteur inconnu peut facilement être éclipsé par les grands noms.

Le contrat classique…

Les contrats à compte d’auteur en bonne et due forme présentent généralement les caractéristiques suivantes :

Les avantages  ?

  • L’auteur conserve l’intégralité des droits et devient propriétaire du tirage. Dans tous les cas, il ne doit jamais être fait mention de droits d’auteur.
  • La rémunération diffère par rapport au contrat traditionnel puisqu’on ne parle pas de droits d’auteur. En théorie, avec les contrats les plus simples, où il est uniquement question d’impression, l’auteur empoche l’intégralité des revenus. Cependant, si la prestation est plus poussée, et ce malgré la participation financière de l’auteur/client, l’éditeur peut s’octroyer un pourcentage sur les ventes, mais l’auteur perçoit la majorité (si ce n’est pas le cas, on bascule sur un contrat abusif). Cela peut sembler plus alléchant que les 8 % proposés par les éditeurs traditionnels, mais n’oubliez pas que vous aurez déjà vidé votre porte-monnaie pour un premier tirage et que le nombre de ventes dépendra de vos compétences commerciales.
  • Souvent, la structure soumet plusieurs couvertures à l’écrivain pour laisser un « choix », ce qui n’est pas toujours possible avec un éditeur traditionnel.
  • L’aide à la diffusion, même minime, peut être un vrai plus lorsque l’option « compte d’auteur » s’oppose à l’option « auto-édition ».

Les contreparties  ?

  • L’auteur est client et finance donc l’intégralité de la prestation dont le montant peut atteindre plusieurs milliers d’euros en fonction du volume de l’ouvrage.
  • Ces structures ne prennent pas en charge ou très peu le fond du roman. De plus, la correction, les éventuels découpages ou rectifications sont censés être effectués en amont par l’auteur.
  • Certains établissements peuvent proposer des services complémentaires comme une correction orthographique et typographique ainsi qu’une révision de la mise en page, mais cela engendre naturellement des frais supplémentaires.
  • Un autre aspect à ne pas négliger : la publicité. Pour éviter que le roman ne se noie dans une marée d’ouvrages connus et inconnus, l’auteur doit faire preuve d’inventivité pour l’extraire des eaux et l’aider à prendre son envol. Cela peut paraître simple au premier abord, mais il ne faut pas s’y tromper, cela reste l’étape la plus ardue surtout pour une personne novice dans ce domaine ou au carnet d’adresses épuré.

Les contrats alternatifs…

Contrat à participation.

Il existe le contrat à compte d’auteur à participation. L’éditeur engage un certain investissement en prenant en charge une partie des frais. Toutefois, la question du risque éditorial se pose de nouveau et peut complexifier cette situation.

Le contrat de compte à demi.

Nous trouvons également le contrat de compte à demi. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un contrat à compte d’auteur parce que l’auteur ne finance pas directement l’édition de son ouvrage. Cependant, comme il ne dépend pas du L 132-1du CPI, mais est plutôt régi par l’article L 132-3 du Code de la Propriété intellectuelle et l’article L 1871 du Code Civil, il constitue une société en participation et est souvent classé dans la zone compte d’auteur à défaut d’autre chose.
Dans ce cas de figure, le professionnel prend en charge l’édition et la diffusion, mais l’auteur s’associe à l’éditeur au sein d’une société en participation. Ainsi, les deux parties s’engagent à partager les bénéfices et les pertes d’exploitation dans des proportions prévues au contrat. L’auteur a donc un droit de regard sur les comptes de l’entreprise. De plus, l’auteur conserve ses droits et, si l’affaire se porte bien, sa part sur les bénéfices peut se révéler bien plus importante que les pourcentages rétrocédés habituellement.

Les contrats abusifs…

Un certain nombre d’établissements proposant des contrats à compte d’auteur agissent en toute honnêteté en respectant les règles en vigueur. Néanmoins, à l’instar de l’édition à compte d’éditeur, ce système peut receler toute une palette de pratiques douteuses particulièrement défavorable à l’auteur, voire carrément malhonnête.

Ils sont déguisés en compte d’éditeur…

Le contrat conditionné.

Il existe des contrats à compte d’auteur déguisés en contrats à compte d’éditeur, ceux-là sont particulièrement redoutables. C’est notamment le cas du contrat conditionné où l’auteur signe un contrat d’édition classique d’une part et s’engage, en parallèle ou en coulisse, à acheter une partie du tirage qu’il devra ensuite revendre par ses propres moyens.

Le contrat panaché.

Nous découvrons également le contrat dit panaché qui reprend certaines modalités du contrat classique à compte d’éditeur comme la cession des droits principaux, mais auxquelles s’ajoute une facture exorbitante à la charge de l’auteur.

Plusieurs contrats à participation réelle de l’auteur.

Dans la palette des contrats abusifs, nous retrouvons ceux à participation (comme cité plus haut) où l’auteur participe au financement du premier tirage à hauteur de 20 à 80 % des frais. Cette formule devient abusive dans la mesure où elle exige également une cession partielle des droits.

Le contrat conditionné par la souscription préalable de l’auteur.

Ils peuvent se décliner comme un contrat à compte d’auteur soumis à souscription préalable de l’auteur. Le contrat d’édition prend effet uniquement lorsque l’auteur a trouvé un certain nombre de souscripteurs par ses propres moyens. Il est donc à la charge de l’auteur d’anticiper un certain nombre de ventes pour rentabiliser le tirage minimum. Ce nombre de ventes est ajusté au prorata du volume de l’ouvrage et donc de son coût d’impression. S’il n’atteint pas le quota, l’auteur peut choisir de souscrire le complément à son nom. Cette formule devient plus ou moins abusive en fonction du montant de la souscription (le coût unitaire est normalement inférieur au tarif final) et le nombre de souscriptions exigé (demande-t-on de souscrire pour 10 ou 80 % du tirage ?). Ce système peut être envisagé si votre ouvrage comporte peu de mots ou s’il s’agit d’un genre pouvant séduire un large public ou au contraire s’il est destiné à une cible restreinte et déjà connue. Attention à ne pas confondre avec le contrat à compte d’éditeur conditionné au résultat d’une souscription par l’éditeur abordé dans l’article précédent sur les éditeurs traditionnels, où c’est bien l’éditeur qui se charge des souscriptions.

Une histoire de maquette…

D’autres contrats demandent aux auteurs d’assumer le coût de la maquette en fournissant par exemple une maquette « bonne à imprimer ». S’il dispose de quelques notions dans ce domaine, l’auteur peut la réaliser lui-même, sinon il sera contraint de faire appel à un énième spécialiste.
Dans cette version « maquette », certaines structures peuvent la constituer elles-mêmes, mais toujours aux frais de l’auteur. La prestation peut alors être facturée d’une telle façon que le montant exorbitant comprend également une partie de la fabrication. De plus, comme l’éditeur prétend assumer le risque éditorial, il se permet souvent de prélever un pourcentage sur les ventes.

En définitive…

En définitive, nous retiendrons que des pratiques douteuses corrompent autant le marché de l’édition à compte d’auteur que le marché de l’édition traditionnelle. Toutefois, gardons surtout en tête que plusieurs établissements proposent un service d’édition à compte d’auteur complet et de qualité et dont les modalités sont présentées en toute transparence. Ce mode d’édition peut donc correspondre à certains profils, par exemple aux collectivités souhaitant éditer un ouvrage municipal ou encore pour un livre blanc ou un document de petit volume demandant un petit tirage et/ou destiné à une cible déjà connue.

Alors ? Édition à compte d’auteur ou pas ?

Voici quelques questions à vous poser avant de vous tourner vers ces structures :
Quelle est la cible ? (Tout public ou bien votre promo de doctorat ?)
Quel est le volume de l’ouvrage ?
À quel genre appartient-il ? (Fiction en tout genre ou plutôt pratique, religieux, analytique ?)
À combien d’exemplaires s’élève le tirage envisagé ?
Est-il destiné à la vente ? Si oui, sa commercialisation nécessitera-t-elle une démarche publicitaire ? Si oui, comment s’établira-t-elle ?
Ne pas oublier la question de votre budget et du financement.

J’espère que ce mode d’édition décrié vous apparaît moins trouble après ces quelques explications. Certes, les propositions douteuses demeurent présentes sur le marché, mais comme beaucoup de sujets, n’en faisons pas une généralité.

En tout cas, mon ami Zéli semble plus éclairé sur le sujet, cependant après avoir répondu aux dernières questions, il a constaté que son roman volumineux, destiné à être commercialisé auprès du grand public, ne se prête pas vraiment aux contrats à compte d’auteur… Le pauvre, il commence à désespérer, alors pour terminer notre quête de réponses et sélectionner enfin le mode d’édition le plus approprié à son tapuscrit, et au vôtre si vous êtes dans la même situation que lui 😉 , nous aborderons la prochaine fois le sujet de l’auto-édition qui fait également couler beaucoup d’encre…

À la semaine prochaine !

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Le monde du livre

Contrat à compte d’éditeur…. oui, mais lequel ?

Mon ami Zéli vient de m’annoncer fièrement qu’il avait enfin achevé son tapuscrit après des mois de dur labeur à rédiger, relire, découper et corriger son récit. Après l’avoir félicité, je lui ai demandé s’il envisageait une parution et si oui, de quelle manière.
Déconfit, mon pauvre Zéli m’a confié qu’il rêvait de publier son ouvrage pour être lu, mais que l’univers de l’édition lui apparaissait aussi inquiétant que l’horizon glacial de l’Antarctique.

Ah… vous souhaitez également éditer votre livre ?

Et le monde de l’édition vous semble aussi périlleux que la traversée de la jungle ?

Pas de panique !

Nous allons étudier la question ensemble.

Alors, quels choix s’offrent à vous ? Eh bien plusieurs… En fait, vous en avez deux, ou trois, voire cinq…
Vous pouvez décider de le ranger dans le fond d’un tiroir pour les longues soirées d’hiver à vous rappeler le rêve que vous n’avez pas osé accomplir. Vous pouvez rendre visite à l’imprimeur du coin avec votre fichier sur clé USB et payer pour un petit tirage destiné à régaler vos proches de votre plume inconnue, ou vous pouvez choisir l’aventure de l’édition…
Nous allons plutôt nous pencher sur cette dernière option parce que Zéli désire se confronter aux critiques du grand public.
Vous aussi ?
Parfait, la suite devrait vous intéresser.

Avant toute chose, nous remarquons qu’il existe plusieurs systèmes d’édition et surtout, plusieurs types de contrats par mode d’édition. Nous occuperons donc les prochaines semaines à approfondir chacun de ces systèmes individuellement. Il y a l’édition à compte d’éditeur, l’édition à compte d’auteur ainsi que l’auto-édition.

Aujourd’hui, nous allons observer à la loupe l’offre proposée par les éditeurs traditionnels, le Saint-Graal pour les écrivains… mais qu’en est-il vraiment ?

Le Saint-Graal des écrivains… à quoi ressemble-t-il ?

Ces éditeurs traditionnels proposent des contrats à compte d’éditeur régis par l’article L 132-1 du Code de la Propriété Intellectuelle. Ils assument l’ensemble des frais liés à l’édition de l’ouvrage ainsi que tous les risques éditoriaux et se chargent de la diffusion et de la publicité. Ils rétrocèdent également une rémunération à l’auteur, que l’on appelle des droits d’auteur, en échange de la cession de ses droits d’exploitation. Dans certains cas, l’auteur peut même percevoir un à-valoir, une somme prédéfinie versée avant le premier tirage.

Quelques chiffres à retenir…

88 000

auteurs de textes édités à compte d’éditeur.

87%

de ces auteurs perçoivent des droits d’auteurs inférieurs ou égaux au SMIC.

67%

de ces auteurs exercent une autre activité professionnelle.

8,2%

Pourcentage moyen des droits d’auteur sur les livres imprimés.

Précision : seuls les auteurs ayant signé un contrat à compte d’éditeur perçoivent des droits d’auteur. Les contrats à compte d’auteur et l’auto-édition n’engendrent pas de droits d’auteur mais des revenus commerciaux.

Au cours de mes recherches, j’ai pu observer que ce monde prétendument idyllique peut présenter plusieurs facettes, sous la forme de différents types de contrats.

En théorie, le contrat dit classique reprend les caractéristiques citées plus haut et comporte les avantages et les inconvénients suivants :

Les avantages ?

  • Ces éditeurs apportent leur expertise sur votre travail, suggèrent des axes d’amélioration, gèrent la correction, la mise en page, confient l’élaboration de la couverture à un professionnel de l’infographie ou un illustrateur, assurent la diffusion et la distribution auprès des librairies et supervisent la promotion. Vous ne vous occupez de rien.
  • Vous jouissez de la réputation associée au terme magique « Contrat à compte d’éditeur ».
  • Le contenu ne peut pas être modifié sans votre accord, parce que l’auteur conserve ses droits moraux qui concernent le droit de divulgation, le droit de paternité, le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre, le droit de retrait…
  • Certains professionnels peuvent vous proposer une avance de royalties, ce que l’on appelle un à-valoir, en fonction du pourcentage négocié et du nombre d’exemplaires du premier tirage défini par le contrat. Cette avance est acquise. Autrement dit, si ce premier tirage ne s’écoule pas entièrement, l’auteur conserve la somme, mais percevra de nouveau à partir du moment où un second tirage sera envisagé, s’il est envisagé un jour.
    Exemple : Votre contrat indique que vos droits d’auteur s’élèvent à 5% du prix de vente hors taxes de votre roman. En admettant que ce montant revienne à 10€, vous toucherez 0,5€ par bouquin vendu. Si un premier tirage de 1000 exemplaires est envisagé, vous recevrez donc la somme de 500€ à la signature du contrat et recommencerez à percevoir vos droits d’auteur à partir de la 1001ème vente. En revanche, si l’ensemble du premier tirage ne s’écoule pas, la somme des 500€ reste acquise. Cependant, cet à-valoir est rarement proposé et encore moins aux auteurs inconnus.
  • Le contrat doit indiquer le nombre d’exemplaires offerts à l’auteur (les petites structures peuvent céder de 1 à 5 exemplaires) ainsi que la ristourne accordée s’il souhaite s’en procurer davantage. Elle est souvent comprise entre 20 et 40 % selon les contrats. À noter que l’éditeur doit prendre en charge le coût de l’envoi.

Les contreparties ?

  • La cession des droits. Vous cédez les droits de reproduction, les droits de représentation, les droits de traduction, d’adaptation. Autrement dit, l’auteur ne peut plus en disposer d’un point de vue commercial. Sur cet aspect-là, le roman appartient désormais à l’éditeur sur la durée définie par le contrat, souvent entre trois et cinq ans pour les écrivains inconnus. Dans tous les cas, chaque droit cédé doit être explicitement mentionné dans le contrat. Soyez notamment vigilants à la question de l’édition numérique. Historiquement, cet élément n’apparaissait pas dans les contrats et depuis l’essor de ce nouveau marché, des éditeurs ont pu tenter de l’exploiter sans en être réellement propriétaires.
  • Si le contenu ne peut pas être modifié sans votre accord, vous n’avez cependant pas votre mot à dire sur l’aspect commercial, cela comprend la couverture, le marketing, les éventuelles traductions et adaptations. De plus, vous ne serez pas forcément informés de l’évolution de votre ouvrage au sein du vaste océan du livre.
  • Il faut aussi savoir que l’espérance de vie de votre bouquin en librairie est en moyenne de trois mois. Si votre livre ne parvient pas à se démarquer d’ici la prochaine saison littéraire, il devra céder sa place aux nouvelles sorties, particulièrement si vous êtes un auteur inconnu.
  • Il est aussi possible, voire fort probable selon le taille de la structure, que votre roman n’apparaisse jamais en librairie et soit uniquement commandable par le biais du réseau Dilicom par exemple.
  • Lorsque les ventes deviennent inférieures à un certain pourcentage du stock et après une certaine période (en moyenne 2 ans), l’éditeur peut retirer du marché les ouvrages non vendus direction le pilon ! Il doit alors en avertir l’auteur par lettre recommandée.
  • La rémunération de l’auteur, comme indiqué plus haut, s’effectue par rétrocession d’un pourcentage sur le prix de vente hors taxes. Pour un auteur inconnu, il s’élève généralement entre 5 et 8 % (parfois 10% pour les chanceux). Certaines structures peuvent proposer un taux progressif, par exemple 5 à 8% pour le premier tirage, 9 à 10% pour le second et ainsi de suite. Cette procédure peut s’avérer intéressante si votre roman cartonne, si ce n’est pas le cas ou qu’il ne se vend que moyennement, l’éditeur n’aura pas d’intérêts à réaliser un deuxième tirage.

Les clauses abusives et les contrats douteux…

Il faut avouer que quand on est un jeune auteur ignorant du système et des autres possibilités, cette approche est plutôt sécurisante et très tentante, restez cependant bien vigilants avant de signer. En effet, mes recherches m’ont permis de faire connaissance avec d’autres variantes… disons… un peu limites ou présentant des clauses abusives pour du compte d’éditeur.

Le droit de préférence.

C’est par exemple le cas de la clause du droit de préférence. Elle impose à l’auteur de proposer ses futurs ouvrages à l’éditeur avant de contacter un concurrent. Initialement, cette clause avait pour objectif de préserver les petits éditeurs en leur épargnant de voir leurs auteurs nouvellement propulsés débauchés par des structures plus importantes. En revanche, cette mention peut vite devenir handicapante en cas de mésentente avec votre éditeur…

Un contrat version allégée.

Parmi les contrats douteux, nous pouvons trouver une version allégée du contrat classique. L’auteur ne perçoit pas d’à-valoir ni aucun droit d’auteur avant un certain nombre de ventes. Est-il vraiment utile de préciser que le seuil en question est rarement atteint et que le pourcentage rétrocédé à l’auteur est souvent dérisoire ?

Le contrat conditionné au résultat d’une souscription par l’éditeur.

Nous trouvons également le contrat d’édition conditionné au résultat d’une souscription par l’éditeur. Certains petits éditeurs peuvent y avoir recours afin de limiter le risque financier. Cette formule signifie que le contrat ne prendra effet que lorsque l’éditeur aura reçu un certain nombre de souscriptions (des ventes par anticipation). Attention, la souscription doit être organisée et financée par l’éditeur depuis son propre fichier de lectorats. Si ce n’est pas le cas, que cette étape est à la charge de l’auteur, on bascule sur la variante à compte d’auteur que nous aborderons la semaine prochaine.
Lorsque l’éditeur a su fidéliser ses lecteurs grâce à la qualité de son catalogue, cette méthode peut s’avérer efficace et payante. En revanche, si le professionnel a pour habitude d’abuser du procédé et que les lecteurs ne sont pas au rendez-vous, l’édition du livre n’aboutira pas.

Le contrat minimum.

J’ai également découvert le contrat à compte d’éditeur minimum. Il est basé sur la standardisation des ouvrages et donc d’un large catalogue pour publier un maximum d’auteurs en réduisant les coûts de fabrications. Il est caractérisé par les éléments suivants :

  • L’auteur ne touche pas d’à-valoir.
  • La durée du contrat est généralement moins longue qu’un contrat classique et la résiliation est plutôt facilitée.
  • La relecture, la correction et les éventuelles rectifications sont à effectuer en amont par l’auteur.
  • La mise en page et la couverture sont automatisées et standardisées, autrement dit, tous les romans vendus par l’éditeur proposent la même couverture, elle peut parfois varier selon le genre de l’ouvrage (exemple : couverture noire pour un polar et rouge pour du fantastique)
  • La version numérique est proposée en ligne avec la possibilité d’une impression à la demande, toujours dans l’idée de réduire les coûts.
  • L’ouvrage fait l’objet d’une diffusion minimum, mais pas d’une publicité/promotion.
  • Certains professionnels peuvent même proposer des services facultatifs moyennant un coût supplémentaire.

Les points constituant le contrat d’édition à compte d’éditeur sont bien présents et aucune facture n’est présentée à l’auteur. En revanche, dans cette formule, l’écrivain devient aussi commercial et pour se faire, il doit acheter un certain stock de son roman. Il peut bénéficier d’une remise souvent de 20% sur lesquels il ne touchera pas de droits d’auteur.

Une certaine opacité perdure…

  • Près d’un quart des auteurs (24 %) ont eu connaissance de traductions de leurs livres à l’étranger sans en avoir été informés au préalable par leur éditeur. Et, bien que ce chiffre soit en diminution, 52 % des auteurs n’ont jamais reçu de droits lorsque leurs œuvres ont été exploitées à l’étranger.
  • Ils sont également 25 % à ne pas avoir été informés d’une mise au pilon de leurs ouvrages.
  • Ils sont 20 % à avoir constaté l’exploitation numérique de leurs ouvrages sans information de l’éditeur.
  • Ils sont 11 % à ne pas avoir été informés pour ce qui concerne une impression à la demande d’un de leurs livres.

Et l’édition numérique
dans tout cela ?

De nos jours, un contrat d’édition classique prévoit la cession des droits pour l’exploitation numérique. De plus, la loi n°2011-590 du 26 mai 2011 promulgue la pratique du prix unique pour le livre numérique. Tous les revendeurs ont désormais obligation de le vendre au prix fixé librement par l’éditeur au même titre qu’une version papier.
Le taux de rémunération de l’auteur est déterminé entre les deux parties dans le cadre du contrat d’édition. Puisqu’il n’y a pas de frais d’impression et de distribution, nous pouvons imaginer que la rémunération de l’auteur est plus élevée par rapport à l’exploitation du livre papier… Dans les faits, le taux moyen des droits d’auteur s’élève à 11,1% pour le format numérique. Le taux arrêté entre l’éditeur et l’auteur revient généralement au même montant, en valeur absolue, que la rémunération perçue sur l’exploitation du livre papier.
Une question persiste néanmoins. J’ai pu observer, au cours de mes recherches, des disparités assez importantes entre les prix de vente des formats numériques, allant de 5 à 15€… Ce montant avoisine assez souvent celui d’une version de poche et peut même la dépasser dans certains cas. De quoi décourager les adeptes du numérique ! Ou alors, les encourager à rester sur le chemin des librairies ?

Les auteurs édités à compte d’éditeur sont-ils vraiment satisfaits de leur situation ?

Pour répondre à cette question, j’aimerais partager quelques chiffres avec vous. Pour vous aider à les comprendre, j’ai réalisé des petits graphiques. On aime les graphiques !

Mon expérience de l’édition à compte d’éditeur…

Personnellement, je me suis vue proposer un contrat à compte d’éditeur il y a quelques années pour mon tout premier tapuscrit (qui dort toujours dans un tiroir) par une maison d’édition locale. Ledit contrat présentait les éléments suivants :

  • Je ne percevais pas d’à-valoir.
  • Je cédais tous les droits patrimoniaux d’adaptation, de reproduction, de représentation, de traduction, mais conservais les droits de l’adaptation audiovisuelle ou du moins, elle devait donner lieu à un document distinct.
  • La durée du contrat était de trois ans.
  • Le premier tirage était prévu à 1000 exemplaires.
  • L’éditeur s’engageait à assurer la diffusion, la distribution et la vente de l’ouvrage par les moyens habituels.
  • Mes droits d’auteur s’élevaient à 7% du prix de vente hors taxes, déduction faite des retours éventuels. Ces droits d’auteur n’étaient dus que sur les exemplaires réellement vendus et à l’exclusion des exemplaires détruits par cas fortuit.
  • L’éditeur m’offrait 10 exemplaires pour mon usage personnel sur le premier tirage, avec la possibilité d’en acheter davantage en bénéficiant d’une réduction de 20% sur le prix public tout en touchant mes droits d’auteur.

C’est vrai, l’offre était alléchante, mais je dirais qu’elle est arrivée trop tard, près d’un an après l’envoi de mon tapuscrit, mais surtout, elle était soumise à conditions. On exigeait que je retravaille l’intégralité de mon ouvrage pour le diviser au moins en deux tomes. En définitive, je n’ai pas mené cette démarche à terme pour plusieurs raisons. Si cela vous intéresse, je vous invite à le découvrir dans l’article « Comment les maisons d’édition ont-elles fait de moi une romancière indépendante ? ».

Ce qu’il faut retenir…

33% des auteurs seulement vivent de
leurs ouvrages publiés à compte d’éditeur…

Par conséquent, n’oubliez pas que trouver un éditeur n’est que la première étape d’une aventure laborieuse et parfois peuplée de quelques déconvenues…. De plus, ne criez pas victoire parce qu’une maison d’édition vous propose un contrat à compte d’éditeur. Veillez bien à décortiquer le document avant de signer et surtout n’hésitez pas à poser des questions, montrez que vous connaissez le système, même si ce n’est que partiellement. Vous n’êtes pas des pigeons ! Le terme « compte d’éditeur » est magique et semble aussi alléchant qu’un fruit bien juteux, mais n’oubliez pas qu’il peut être véreux.

Il faut aussi comprendre que la qualité du roman à elle seule ne suffit pas à vous ouvrir les portes de l’édition traditionnelle. Votre ouvrage est produit commercial et doit avant tout entrer dans des cases. Alors avant de démarcher les maisons d’édition à compte d’éditeur, assurez-vous bien que votre bébé réponde correctement aux normes de l’édition. Ligne éditoriale, public ciblé, volume… Si ce n’est pas le cas, ne renoncez surtout pas ! Zéli, remets-toi, mon ami ! Ton tapuscrit est trop volumineux ou ne s’intègre pas dans les lignes éditoriales ? Et alors ?! Il existe d’autres moyens de présenter ton travail au grand public !

J’espère que cet article aura pu démystifier et quelque peu éclaircir cette jungle semée d’embûches qu’est l’édition traditionnelle. N’hésitez pas à me faire part de vos questions, nous tâcherons d’y répondre ensemble. Quant à mon ami Zéli, il a hâte de découvrir les autres systèmes d’édition, alors rendez-vous la semaine prochaine !

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Mes experiences

Comment les maisons d’édition ont-elles fait de moi une romancière indépendante ?

Mon ami Zéli m’interroge souvent sur mon parcours d’autrice et il n’est pas le seul. Parmi toutes les questions, celle-ci se révèle très fréquente :

Pourquoi l’édition indépendante ?

Vous l’aurez bien compris avec ce titre, l’auto-édition n’était pas mon choix initial, mais soyons clairs, je n’ai aucun grief contre les éditeurs traditionnels.
Comme beaucoup d’auteurs novices et ignorants de toute la palette de solutions alternatives, j’ai voulu suivre le sentier bien tracé de l’édition traditionnelle et comme beaucoup d’entre eux, je me suis heurtée à des portes fermées, certes, mais aussi à des portes entrouvertes que je n’arrivais pas à franchir…

Tout a commencé comme ceci…

Comme vous le savez, l’écriture est une soupape vitale pour moi ! Je vous passe les détails clichés, contexte familial compliqué, enfant et adolescente introvertie, mais qui dissimule un volcan.
La cocotte minute, vous connaissez ? Je suis de cette espèce-là. Mon besoin d’écrire prend tout son sens, n’est-ce pas ?

Bref, si je fais le bilan, je dois comptabiliser une trentaine de récits inachevés — au bas mot ! — et deux tapuscrits en sommeil dans un tiroir. Pendant longtemps, cette passion est demeurée mon plus grand secret… parce qu’étonnamment, les personnes qui nous entourent sont plus facilement réceptives quand il s’agit d’évoquer un vague intérêt pour le football, qu’une passion dévorante pour l’écriture…

Tout a changé à l’âge de 21 ans, lorsque j’ai enfin osé me confier à mon compagnon… Ce fut un moment décisif dans ma petite vie bien rangée. Un grand moment de stress aussi…
Je me suis jetée à l’eau.
J’ai tout révélé… les fichiers cachés sur mon ordinateur, les clés USB, toutes les intrigues avortées à cause de toutes ces idées qui bourgeonnent…
Mon chéri a été parfait. Il a été ce dont j’avais besoin au moment où j’en avais besoin. Il m’a passé un savon à propos de mon système de sauvegarde informatique déplorable (ce sujet peut faire l’objet d’un autre article si vous le souhaitez), et il m’a surtout botté les fesses pour passer aux étapes supérieures, c’est-à-dire achever un roman, trouver au moins un bêta-lecteur et m’élancer sur le chemin de l’édition !

L’édition, cette jungle hostile.

Personnellement, je n’envisageais pas cette étape pour ce tapuscrit, je ne me sentais pas à la hauteur. De plus, il ne correspondait pas vraiment au genre que j’affectionnais et que je souhaitais développer puisqu’il avait été construit pour plaire à ma bêta-lectrice. Cependant, mes fans (se résumant à ma lectrice et mon compagnon) étaient unanimes, je devais tenter ma chance. L’idée de me confronter au regard des professionnels a été l’argument décisif. N’est-ce pas le désir de la plupart des auteurs du dimanche ? Tous ceux qui écrivent sur un coin de table et ne se sentent pas légitimes ?
Alors je l’ai fait.
J’ai cherché pendant des jours les éditeurs susceptibles d’accepter mon ouvrage dans leur catalogue. Le moins que l’on puisse dire, c’est que des offres en tout genre fleurissent partout, une véritable jungle hostile !
Connaissez-vous « Audace : l’annuaire des auteurs cherchant un éditeur » ? Il a été mon livre de chevet pendant des jours ! Des jours à éplucher, décortiquer, analyser pour lister les éditeurs « corrects », par là j’entends ceux proposant des contrats à compte d’éditeur (oui, j’étais jeune et pleine de préjugés comme tant d’autres personnes…).

Toutes mes investigations aboutissaient à la même conclusion, les contrats « à compte d’éditeur » constituaient le Saint-Graal des écrivains tandis que toute autre forme de contrat d’édition était inévitablement une arnaque.
Une fois ma liste établie, j’ai imprimé, relié mon tapuscrit à mes frais, parce qu’à l’époque la plupart des maisons d’édition exigeaient encore des documents papier, et procédé à plusieurs envois postaux, mais aussi par mail.
Et j’ai attendu.
J’ai attendu.
Longtemps.
Puis les lettres sont arrivées. Elles étaient un peu trop légères pour être concluantes. J’ai reçu précisément cinq courriers standards négatifs ne fournissant aucune explication sur les raisons du refus. La majorité des structures que j’ai contactées n’ont pas répondu. Seulement, un jour est arrivée une enveloppe kraft à soufflet d’un éditeur local.
Oui, oui, une grosse enveloppe !
Mes mains tremblaient tellement que je n’arrivais pas à l’ouvrir !
Que contenait-elle ? Le retour d’un comité de lecteurs, pardi ! Une copie double décortiquant mon récit dans les moindres détails. Imaginez mon excitation ! Le courrier joint énumérait les points positifs et soulevait quelques éléments à approfondir.
Enfin, je recevais une véritable expertise de mon travail !

De toutes petites cases…

Cette grosse enveloppe incluait un autre document, un contrat d’édition… à compte d’éditeur. Tous les éléments y étaient inscrits, la cession des droits, la prise en charge des frais d’édition par l’éditeur, la diffusion, la distribution, le pourcentage des droits d’auteur, le nombre d’exemplaires du premier tirage, le nombre d’ouvrages offerts, etc. La proposition était alléchante, vraiment alléchante. Ivre de joie, je me suis longuement entretenue au téléphone avec une personne qui m’a exposé les principales caractéristiques de mon récit en me précisant quelques détails à modifier dans mon intrigue. Finalement, après avoir légèrement tourné autour de pot, cette dame m’a annoncé que mon tapuscrit était beaucoup trop volumineux et donc pas rentable en l’état. Elle m’a expliqué qu’en l’éditant intégralement, un prix de vente à 25 € ne permettrait même pas d’amortir le coût de fabrication et que personne ne dépenserait un tel montant pour s’offrir le roman d’une inconnue…

Dans le domaine de l’édition, nous parlons en nombre de caractères, espaces compris, ou en nombre de mots. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez que lorsqu’une maison d’édition accepte des volumes jusqu’à 600 000 ou 700 000 caractères c’est déjà beaucoup. Vous comprenez donc que mon ouvrage de plus d’un million de caractères ne rentrait pas dans les cases…

Je vous avoue que j’étais particulièrement démoralisée à cette annonce. Deux années de travail acharné pour construire mes personnages, tricoter un récit aux multiples péripéties et tout cela pour tout recommencer ? J’ai pourtant essayé. J’ai vraiment essayé de l’adapter. Hélas, il ne suffisait pas de couper le pavé en deux. Je devais remodeler toute la trame pour achever dignement un premier tome tout en conservant un contenu suffisamment consistant pour une suite. J’ai œuvré pendant des semaines avant de comprendre que mon intrigue ne se prêtait pas à une division et encore moins dans le délai imparti.
Je n’ai pas mené cette démarche à terme pour plusieurs raisons, d’une part la condition des 600 000 caractères n’était pas tenable, d’autre part, je dirais que cette offre est arrivée trop tard, presque un an après l’envoi de mon tapuscrit. Je travaillais déjà sur RÉSISTANCE qui correspondait bien mieux au genre que j’affectionnais et avec lequel j’envisageais un projet plus vaste s’étendant sur deux tomes. J’ai préféré me concentrer sur E16 en m’efforçant de me plier à cette norme des 600 000 caractères.

Même quand les portes de l’édition traditionnelle s’ouvrent, elles demeurent trop étroites…

E16, ce bébé trop imposant…

Malgré cette mise en garde, le récit d’E16 m’a également emportée et lorsque RÉSISTANCE a vu le jour, je me suis trouvée confrontée à la même problématique. Ce bébé pesait plus de 1 200 000 caractères, ce qui équivalait facilement à deux ouvrages…
J’ai de nouveau démantelé mon récit, pour réaliser rapidement qu’un autre découpage n’était pas envisageable. Je projetais déjà une série de deux tomes, qui s’est finalement transformée en trilogie, alors imaginez si j’avais dû diviser chacun de ces trois ouvrages ?
Pendant quelque temps, j’ai mal vécu cette situation ponctuée de doutes, aux prises une fois de plus avec ce satané syndrome de l’imposteur. Cependant, je voulais y croire, Hava, Tristan et Kyra méritaient que je me batte pour eux.
Qu’auriez-vous fait à ma place après deux années de travail acharné et l’envie irrésistible d’être lue et critiquée ?
Auriez-vous soumis votre ouvrage aux éditeurs traditionnels par acquit de conscience sans aucun espoir d’une réponse favorable ?
J’ai suivi une voie différente. J’ai commencé à fouiner et à distinguer des chemins parallèles. Ils étaient cachés, envahis par les broussailles et surtout sujets à controverse, mais j’ai pu constater qu’ils menaient bien à la même destination que le grand et beau sentier. J’y ai vu là une opportunité alternative pour présenter mes gros bébés à leurs parents d’adoption.

De multiples casquettes…

Auto-édition oui, mais pas n’importe comment. Au fil des années, j’ai apprivoisé ce système et appris les ficelles des différents métiers qui font tourner cette grosse machine qu’est le monde de l’édition. Aujourd’hui, je porte plusieurs casquettes, je suis autrice, j’effectue une première relecture/correction et j’analyse également le fichier final après la mise en page, juste avant l’envoi à l’impression.
Je suis l’inspectrice des travaux finis.

Mais je ne travaille pas seule…

Mon compagnon, grâce à son métier de chef de projets, a naturellement pris en charge tout l’aspect informatique. D’ailleurs, je le remercie pour ce site superbe. Il a également développé plusieurs programmes pour automatiser la phase de mise en page d’ordinaire très laborieuse.

Je suis aussi entourée d’un graphiste qui a élaboré les couvertures d’E16 et donne vie aux articles du journal d’un habile coup de crayon.

Je fais aussi appel à une équipe de trois personnes qui portent leur regard affûté sur mes écrits pour en chasser les coquilles et tout élément susceptible de vous importuner pendant votre lecture.

De mon côté, je travaille toujours pour optimiser ma méthode et écourter mes récits, je pense être sur la bonne voie et je ne désespère pas de me rapprocher des « normes » établies par le strict milieu de l’édition. Cependant, en attendant, dans ma situation, et tant que je n’ai pas complètement réglé mon problème de « volume », l’option de l’édition numérique et de l’impression à la demande reste la plus adaptée à mon profil. De plus, elle ouvre bien d’autres perspectives intéressantes, par exemple l’édition audio…

Mon petit Zéli s’inquiète… Il pense achever prochainement son manuscrit et commence à rêver d’édition, seulement de telles restrictions le préoccupent. Il aimerait approfondir le sujet des modes d’éditions. Vous aussi ? Super ! Dans ce cas, nous aborderons cette thématique dans les prochains articles.

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